Très
vite après le début des hostilités en Bosnie
quelques villes "musulmanes" ce retrouve isolées
de la Bosnie centrale les troupes et milices bosno-serbes occupant
la partie Est du pays.
Gorazde
est l'une d'elles. Parce qu'elle est la plus grande et parce qu'elle
va organiser la survie des bosniaques musulmans, Gorazde va rapidement
devenir l'un des symboles de la résistance bosniaque.
Il
n'y avait à priori aucune communication possible entre
la Bosnie centrale et Gorazde. Et pourtant, quelques uns vont
imaginer organiser des convois nocturnes entre la ville et la
périphérie de Sarajevo, au pied du célèbre
mont Igman.
Plusieurs
fois par semaines, moins parfois quand les risques de bombardement
étaient trop grands, des convois qui pouvaient compter
plusieurs centaines de personnes et des dizaines de chevaux partaient
à la tombée de la nuit après que les éclaireurs
aient déclarés la route libre.
Totalement
sous armés, hommes, femmes, enfants marchaient près
de vingt quatre heures pour rejoindre l'enclave apportant aux
familles la nouriture qui manquaient et aux militaires les armes
nécessaires à la protection de la zone.
Des
dizaines de personnes perdèrent la vie dans ces convois
nocturnes sous des bombardements ou mortes dépuisement.
Seuls deux photographes peurent rejoindre la ville
par ces convois.