Sarajevo
est toujours une ville assiègée par les forces Serbes
quand je découvre le "zavod" de Pazaric à
quelques kilomètres au sud de la capitale bosniaque.
Nous
sommes en territoire bosniaque musulman. Une zone relativement
calme, à l'écart des lignes de confrontations. Plus
au Nord, aux portes de Sarajevo Igman et l'aéroport sont
les zones stratégiques. Plus à l'ouest vers les
zones de frictions entre les communautés croates et musulmanes.
L'institut
psychiatrique de Pazaric compte une soixantaine de patients, plus
ou moins atteints. Le contraste est saisissant entre la tranquille
folie qui règne ici et le monde "réel"
de la guerre à l'exterieur. J'ai presque envie de dire
un havre de paix.
Cette
visite du zavod de Pazaric était ma première confrontation
avec la "folie" et j'ai découvert combien c'est
notre regard qui plaçait ces psychismes différents
à l'écart de notre normalité.
La
série de portraits que j'ai réalisé illustre
bien cela en comparaison des photographies classiques du "fou
misérable dans une institution de l'Est encore plus délabrée".
Et
le trouble ne vient pas des photos que l'on croit...